lundi 17 décembre 2018

Trek Tour du Manaslu

Trek Tour du Manaslu - Decembre 2018


Trek Tour du Manaslu - Decembre 2018


Avant que ce trek ne devienne très populaire et plus fréquenté que les grands classiques comme le tour des Annapurnas ou le camp de base de l'Everest et avant qu'il ne soit à son tour, mangé par l'apparition de route carossables, il est grand temps de s'y rendre. Et que de plaisir j'y ai pris après une saison bien remplie !
Avec Shyam, mon ami porteur, nous avons aussi eu beaucoup de chances avec la météo. En partant 2-3 jours plus tard, la neige nous aurait probalement empêcher de passer et certains villages aurait été déserts, sans possibilité de loger.
Le début du trek est agréable et assez facile mais est rongé par une route en construction. Puis via des forêts et en surplomb de la rivière nous approchons doucement du Tibet avec une atmosphère différente et une ambiance tibétaine, avant d'arriver au pied du géant Manaslu dans un univers minéral avec hauts sommets, glaciers, hauts plateaux, yaks, bahrals... Et toujours la culture tibétaine qui nous réservera une surprise innatendue et exceptionnelle !

Info pour les novices : Ce trek n'est accessible que via une agence de voyage officielle du Nepal car la région nécessite d'être en possession de permis spécial ''restricted area'' et l'accompagnement d'un guide est obligatoire.
Les temps de marche indiqué sont ceux que nous avons effectués. Prévoir un peu plus pour les marcheurs non expérimentés

1) 03 décembre 2018. Kathmandu > Soti Khola

Depuis la gare routière de Maccha Pokhari, en route pour 7 heures de bus jusqu'à Arughat. Puis nous changons de bus et ajoutons 2 heures de trajet pour arriver à Soti Khola.

2) 04 décembre 2018. Soti Khola > Khorlabesi




Début de ce trek du Tour du Manaslu sous le soleil. La piste monte et descend et nous marchons assez vite sur cette portion assez facile. Il n'y a pratiquement pas de véhicule qui nous dérange. Nous croisons les premières caravanes de mules qui alimentent toute la région, en nourriture et matériaux divers.
La piste en construction avance assez vite dans des conditions de travail super dangereuses pour les travailleurs, avec d'énormes risques d'éboulements et de chutes de pierres. Beaucoup connaissent le documentaire ''Les routes de l'impossible'' ... et bien l'envers du décor est encore plus extravagant !
Le soir la purée d'orties avec le dal bhat est excellente !
5 heures de marche










Construction de la piste vers Machhakhola




3) 05 décembre 2018. Khorlabesi > Philim

Aujourd'hui, nous changeons parfois de côté de la rivière via les ponts susepndus. Le chemin est identique à la journée précédente. Nous déjeunons à Yara après 3h30 de marche, avant d'emprunter la passerelle accrochée à la falaise.



Comme nous sommes en forme, nous continuons à marcher après le contrôle des permis du village de Jagat. Je préfère prendre un peu d'avance sur l'itinéraire pour davantage prendre le temps sur la partie ''haute'' du trek qui s'annonce.  Il faut parfois attendre son tour avant un pont suspendus... Il y a des embouteillages provoqués par les caravances de mules et des troupeaux de chèvres.
7h30 de marche

4) 06 décembre 2018. Philim > Bihi

Nous continuons à surplomber les gorges étroites de la rivière Buddhi Gandaki. Il n'y a pas beaucoup de soleil dans ces passages et il ne fait pas chaud à l'ombre des grands arbres. Nous faisons une bonne partie du chemin avec deux femmes qui vont à Namrung avec des gamelles et ustensiles neufs pour fabriquer de l'alcool local (à base de riz, millet ou maïs). Le chemin est rude pour elles, mais elles avancent à un rythme très régulier et avec le sourire. De cette petite production, elles gagnent environ 75 euros par mois.
Nous commençons à sentir une ambiance un peu plus tibéaine dans les villages traversés. Nous nous écartons un peu du chemin classique pour loger à Bihi, en prévision d'une escapade sur les hauteurs le lendemain... escapade que nous ne ferons pas car trop compliquée de se repérer et la réalité du terrain est tout autre que ce que ne laissait supposer la carte. Mais cela nous aura permis de passer par ce joli premier village traditionnel, avec des gens très sympas.
6h45 de marche






5) 07 décembre 2018. Bihi > Namrung

Journée plus courte. Mélange de sentier à flanc de collines et de forêts. Nous apercevons les premiers animaux sauvages : Faisans, singes Langurs, bharals (moutons bleus).
Un peu de lessive dans l'après midi à Namrung.
4h30 de marche
faisan leucomèle






6) 08 décembre 2018. Namrung > Syala



chorten Namrung



On monte progressivement et il fait un peu plus froid... Tout est gelé le matin et ce n'est pas anodin. Heureusement que la vallée s'élargit et que le chemin est ensoleillé. Depuis Lihi, nous commençons à apercevoir de haus sommets, avec l'Himchuli. A Lho et après une longue attente pour le déjeuner, nous montons au grand monastère où vit encore environ 80 moines. Il est vraiment idéalement positionné avec une vue impressionnante au pied du Manaslu.


A Syala la vue est superbe. Des montagnes à 360°
5h de marche







monastère Lho




A Syala, nous logerons dans un petit lodge avec un bel échange. La maman et sa petite fille ultra malicieuse et joueuse. Pour ce genre de rencontre, j'ai justement gardé quelques clémentines sucrées dans mon sac. Elle y aura droit et quand je lui ai montré, je n'ai jamais vu des yeux et une bouche s'ouvrir aussi grand ! Un vrai bonheur. Un échange, j'ai eu droit à un excellent dal bhat avec de la viande de yak (et que des bons morceaux, sans gras, ni os ! )


Fabrication alcool

Cuisine du lodge. Le yak sèche au dessus du poële




7) 09 décembre 2018. Syala > Samagaon ... Journée de rêve et exceptionnelle à tout niveau !

Que de belles surprises à venir et quelle chance pour cette belle journée sous un gros soleil et sans nuages. Nous mettons 2h30 pour montée progressivement à Pungen, en longeant le glacier du même nom. Le plateau herbeux est assez large et le monastère (vide à cette époque) se situe en fin de vallée au pied de l'imposant Manaslu. Quelques empreintes de léopards dans la neige  nous indiquent cependant que nous ne sommes pas totalement seuls dans les parages. Nous prenons beaucoup de temps ici avec Shyam, simplement à contempler les environs, à profiter du soleil et à prendre des photos. Nous apprécions un vrai moment de calme et de beauté.

Pungen Gompa Tour Manaslu


Pungen Gompa


Puis nous redescendons vers Samagaon où la deuxième cerise du gâteau nous attend avec le début d'un festival bouddhiste qui dure 1 petite semaine. Tout le village est rassemblé à l'ancien monastère pour le début des festivités et les danses (cham) des moines. C'est un grand spectacle pour mes yeux : Autant la danse des moines que tous ces gens rassemblés et aux visages tellements marqués. ''Marqués'' par leur origine tibétaine bien sûr, mais surtout marqués par la dureté de la vie dans ce village de haute montagne, avec des traits profonds et des pommettes rougies par le froid de l'hiver (et le feu du soir). Tout le monde est heureux et ça déborde de sourire et de rire, autant chez les enfants que chez les personnes âgées. Ce sont vraiment de belles émotions que de se retrouver au milieu de cette ambiance. Quel trekking !
4h30 de marche.
Chorten de Samagaon




Festival et danse - cham - monastère Samagaun











8) 10 décembre 2018. Samagaon > Camp de base du Manaslu > Samdo.  Longue journée

Aujourd'hui, nous avons décidé de monter au camp de base du Manaslu (à 4800m, c'est le premier camp de base des expéditions d'alpinisime). Je ne suis pas fan de ce genre d'endroit, mais c'est toujours impréssionnant de voir les énormes glaciers de près et cela permet de bien s'acclimater à l'altitude pour les journées à venir.
Lac Birendra vers camp de base du Manaslu
Bharal ou mouton bleu (blue sheep)


Au bout de 4 h de montée assez raide au dessus du lac Birendra et en compagnie des bharals, je décide de m'arrêter car je pense au temps de redescente et au temps pour aller au prochain village. Il reste au moins 30 mn jusqu'au camp de base. Je ne veux pas m'épuiser d'autant que les nuages sont vites apparus et que les vues sur les sommets sont désormais bouchés. Je vois bien que Shyam a des fourmis dans les jambes et lui dis que s'il veut monter, il peut et on se rejoindra en bas. Il ne se fait pas prier. Il a vraiment des capacités physiques assez impressionnantes étant donné ses 45 Kg !
Je redescends à Samagaon en 2h30 et je dois aller chercher la didi qui participe à la fête en bas du village pour qu'elle nous prépare un truc à manger avant de repartir. Le temps de traverser le village, de regarder la fête 15mn et de revenir et Shyam m'attendait au lodge ! ! Et pourtant vu les photos qu'il a prise, il ne s'est pas contenté du camp de base, mais il a été encore un peu plus haut !

Glacier du Manaslu
Après le déjeuner, nous montons doucement à Samdo. C'est assez plat, sauf la dernière 1/2 heure qui est raide. Nous sommes fatigués dans la dernière montée (même Shyam éh éh), mais quand je croise 2 hommes, également fatigués, qui portent 70 Kg de bois sur le dos, je me dis que ma fatigue, je l'ai voulu et bien cherché, tandis que ces 2 hommes, s'il pouvait l'éviter, ils ne se feraient certainement pas prier. Du coup la fin me paraît moins pénible !
9h30 de marche


9) 11 décembre 2018. Samdo > Dharamsala 

Samdo

La marche est courte. Cela permet de récupérer de la veille et de se reposer pour le lendemain. Le temps commence à changer. Il fait beau le matin, mais les nuages couvrent le ciel à partir de midi. Le temps est à la neige. Nous montons donc très doucement et la pente est progressive, profitant encore du soleil. Les arbres et la végétation disparaissent peu à peu. Nous nous amusons à essayer d'approcher au plus près des bharals qui sont assez nombreux dans ce coin.


A l'arrivée à Dharamsala, nous sommes soulagés de voir qu'il y a un lodge d'ouvert... Nous n'en étions pas sûr et perso, c'était une grosse inquiétude. Ouf, le cuistôt est resté. Il y a un nouveau lodge en préfabriqué qui est pas trop mal isolé, en tout cas, mieux que les lodges en pierre. Tant mieux, car la neige commence à tomber vers 15h00. Je reste à bouquiner dans mon sac de couchage et avec ma doudoune tout l'après midi.
Par contre le cuistôt n'a pas du recevoir de consigne pour les WC... c'est assez inommable !
Jusqu'à présent je n'ai croisé que très peu de touristes (7 depuis le départ), mais en fin d'après midi 3 australiens arrivent. Dans des conditions neigeuse, ce n'est pas plus mal si on passe le col à plusieurs. Cela rassure tout le monde.



10) 12 décembre 2018. Dharamsala > Larkya La (5160m) > Yak Kharka  ou le jour le plus long (version trekking) 

Départ à 06h00. La neige s'est arrêtée de tomber la veille dans la soirée et le temps est clair. Il y a 15-20 cm. Cela rend la montée un peu plus difficile pour les appuis, mais cela facilitera et permettra d'amortir la longue descente. La montée est progressive et longue. J'ai du mal a trouver mon souffle. Je réalise que l'expérience des treks ne permet pas de compenser le cap passé des 40 ans et les quelques footings réalisés avant le départ. Pour les prochains treks au dessus de 4500m, il faudra désormais soit s'entrainer davantage, soit accepter de souffrir un peu plus et de prendre son temps.
Il nous faut donc 5 heures avant d'atteindre le col Larkye qui est un peu bouché à notre arrivée.

Passage du col Larkya La. Trek tour du Manaslu


Passage du col Larkya La. Trek tour du Manaslu


"
Puis longue descente. La neige recouvre la glace et c'est tant mieux. Il nous faut 3h30 jusqu'à Bhimtang, le premier village.... où tout est fermé. La neige a fait peur à tout le monde et il n'y a personne dans le village. Nous n'avons donc pas le choix de continuer pour 2h30 supplémentaire jusqu'au prochain village en espérant qu'il y ait quelqu'un. Et oui ! Merci Yak Kharka. La dernière heure aura été longue dans la forêt. La fatigue commençait à gagner ma cheville gauche qui se dérobait parfois, me faisant craindre une énième entorse. Pour l'éviter, je n'ai regardé que mes pieds et le chemin durant cette dernière heure. Nous avons donc retrouvé nos 3 amis australiens qui étaient bien heureux de nous voir aussi puisqu'en chemin, nous avions récupéré un Iphone qui appartenait à l'un d'eux et qu'il pensait définitivement perdu !
La neige se remettait à tomber, laissant penser que le col aurait été très difficilement franchissable le lendemain ou les jours suivants. Bref, nous avons eu vraiment énormément de chance sur toute la durée de ce trek.
11h30 de marche

11) 13 décembre 2018. Yak Kharka > Besi Sahar 

Le matin nous sommes en forme et pas trop usé. Tant mieux. Nous partons donc de bonne heure pour récupérer la partie du Tour des Annapurnas à Dharapani que nous rejoignons en 3h. Nous avons croisé un superbe couple de martre à gorge jaune que nous avons pu observer de près, mais pas le temps de sortir l'appareil.
Mon intention était de trouver une jeep pour redescendre sur Dharapani, mais la piste est en travaux et il n'y a pas de circulation. Nous descendons donc jusqu'à Chamje en 3 heures. Cela fait pas mal de Km, mais ce qui est embêtant est la dureté de la piste qui est désormais cimenté sur de longues parties. Avec la journée d'hier, l'accumulation est difficile et j'ai la plante des pieds qui chauffe. Shyam aussi. Par bonheur on trouve une jeep là avec d'autres népalais. Et après un changement de véhicule à Jagat nous rejoingons Besi Sahar en début de soirée, après environ 3h30 de trajet.
Ensuite c'est retour à la réalité : Poulet, bière, shampoing, wifi  !  !

12) 14 décembre 2018.  Besi Sahar > Kathmandu

Et le lendemain, retour à Kathmandu en bus. 6 heures de trajet.
En chemin, même si j'étais pressé de rentrer à Kathmandu désormais, cela m'a beaucoup fait réfléchir : En 24 heures, il est possible de passer d'un univers de haute montagne sauvage et assez rude à un autre univers très moderne (route, confort, wifi...). C'est à la fois fascinant, mais aussi assez choquant d'un autre point de vue... C'est un vaste sujet qui donne beaucoup à réfléchir et dont les avis sont très divergents ! Fin du (très) beau voyage et de ce trek du tour du Manaslu

https://www.terresdunepal.com/trekking/trek-du-tour-du-manaslu-chez-lhabitant/



mardi 26 juin 2018

Vallée de Nar Phu et Tour des Annapurnas




Trek dans la vallée de Naar Phu et tour des Annapurnas


La vallée de Naar (ou Nar) Phu me tentait depuis bien longtemps. L'attente n'en a rendu cette aventure que plus savoureuse !
C'est une vallée adjacente au célèbre circuit du tour des Annapurnas. Peu de touristes s'y rendent et c'est une région soumise à un permis de trek spécial que seul une agence peut délivrer et l'accompagnement d'un guide népalais est obligatoire. C'est un itinéraire assez exigeant et une première expérience de la randonnée en altitude ou une bonne forme physique est indispensable.
Le déroulement du séjour tel que je l'ai fait et que je le commente ci dessous n'est pas recommandé... D'une part parce que j'ai eu beaucoup de chance pour les transports qui se sont très vite enchaînés et sans incidents, et d'autre part parce que l'acclimatation à l'altitude n'est pas optimale avec une montée trop rapide en altitude. Cela s'est bien passé et de part mes précédentes expériences au dessus de 4000m, j'étais résolument optimiste. Mais j'étais flexible et en cas de soucis, j'étais prêt à prendre davantage le temps... Faîtes ce que je dis, mais pas ce que je fais !

Infos pêle-mêle :
 * Région venteuse l'après midi.
 * Région protégée des pluies de mousson. Trek effectué mi juin. Météo superbe. Sec et ensoleillé.       Simplement quelques nuages sur les hauts sommets et au passage du Kang La.
 * Peu d'habitants dans les villages en juin : Ils sont partis sur les hauts plateaux à la recherche du yarsagumba, le viagra chinois
 * Région authentique et sauvage. Villages aux constructions traditionnelles, vautours, bharals (blue sheep), univers très minéral (gorges, canyons, hauts plateaux). Pâturages avec yaks et chèvres. Culture tibétaine, petits monastères.
 * Possibilité d'adapter le programme. De faire des étapes plus courtes, même si les possibilités de logement sont plus restreintes. Le passage du Kang La n'est pas obligatoire.
 * Confort basique mais correct et propre. Nourriture variée. Prévoir vivre de course (fruits secs, barres céréales...). Budget plus conséquent à Naar et Phu (chambre à 1000 Rs, Daal Bhat à 900Rs)


1) 10  juin 2018. Kathmandu > Koto

Très longue journée de trajet. 5h30 en van public de Kathmandu à Besi Sahar. Puis nous avons eu la chance de trouver une jeep dès notre arrivée et d'enchaîner de Besi Sahar à Koto. + 7 h de trajet.
Prévoir 2 jours de transport est plus raisonnable. Je suis accompagner par Babu, un guide de l'agence et un ami que je connais depuis 10 ans. Ce sera aussi l'occasion pour lui d'une nouvelle découverte


2) 11  juin 2018.  Koto > Meta


Le matin, je croise Paulo Grobel sans réaliser que c'était lui... Il doit revenir d'une expédition. Mais je ne fais pas attention et j'ai hâte de commencer à marcher.
Premier contrôle du permis de trek. Le début est agréable et facile à l'ombre d'une forêt de pins qui surplombe la rivière Naar Khola. Après 2h30, nous prenons un thé à Chauccha (lodges en construction) avant de marcher 4h30 pour arriver sur le plateau de Meta où pas grand chose ne pousse à part des cailloux. Les dernières 45 mn avant d'arriver sont un peu plus raides.
Depuis Meta

yarsagumba

Il y a peu d'habitants dans les villages à cette époque de l'année et beaucoup de lodges sont fermées : La plupart sont partis à la recherche de yarsagumba. Une plante mi-champignon, mi-chenille qui est réputé pour être le viagra chinois et qui se vend très cher. Elle se trouve au dessus de 4000m d'altitude et les familles quittent leur maison pendant environ 1 mois, le temps de cette récolte. C'est une réelle activité économique. En fonction de le qualité la valeur peut atteindre plusieurs milliers d'euros par Kg.





3) 12  juin 2018.  Meta > Phu

Marche d'1h45 jusqu'à TunamGoth.
Puis redescente de 45mn pour le plateau de Chyakhu où plusieurs lodges sont en construction. Nous mangeons une soupe aux nouilles et buvons du thé avant de repartir. 1h de marche pour Kyang.
quelques minutes après Meta

Entre Kyang et Phu

Puis le chemin devient plus dur. Montées et descentes successives. Le sentier est creusé dans la roche et parfois à flanc de colline. Il y a un passage un peu délicat sur environ 200m avec des éboulements de pierres. Mieux vaut avancer prudemment en gardant un oeil au dessus de soi.

La montée avant la porte d'entrée de Phu est plus raide mais des bahrals nous tiennent compagnie et rendent cela plus agréable. Environ 3h de marche entre Kyang et Phu.
Quand on arrive à Phu, la topographie du terrain et l'atmosphère font que nous nous sentons vraiment dans un lieu du bout du monde. Le village est superbe. Tout est en pierre. Les quelques cultures en terrasses sont vertes à cette époque de l'année.

Porte d'entrée de Phu




Phu


Phu est situé à 4080m d'altitude. Ce n'est que notre deuxième jour de marche. Heureusement, tout va bien au niveau de l'acclimatation. Je bois énormément d'eau et de thé. Mais monter aussi vite en altitude n'est pas recommandé... Quelques jours de marche avant d'arriver là est fortement conseillé.




4) 13  juin 2018.  Phu. Himlung Base Camp

La nuit s'est bien passée et nous décidons de monter au dessus Phu, à Himlung Base Camp (4900m). La montée est très régulière et facile. La vallée glacière est large. Des bergers campent pour surveiller leurs troupeaux de chèvres et de yaks. Toujours de nombreux bharals. Nous longeons le Pangri glacier par le sud. 3h15 de montée tranquille pour le camp de base où nous prenons le pique-nique. Puis retour rapide (1h30) vers Phu.

Pangri Glacier




Depuis Himlung Base Camp





5) 14  juin 2018.  Phu > Naar Phedi

Retour par le chemin inverse. C'est l'occasion de voir que le passage délicat l'est davantage qu'à l'aller avec de nombreux éboulements de pierres friables. 2h30 de marche de Phu à Kyang et 1h jusqu'à Chyakhu où nous nous arrêtons au même endroit pour le même repas.

Porteur transportant 80 Kg de tôles

Puis 2h15 de marche pour le monastère de Naar Phedi où je préfère m'arrêter. La montée vers Naar me paraît raide et aujourd'hui je suis un peu fatigué. Comme nous n'avons pas perdu de temps jusqu'à maintenant, autant profiter... Et Babu m'avouera plus tard qu'il était fatigué lui aussi.
Et puis c'est l'occasion de profiter du monastère et de passer du temps dans un endroit relaxant. C'est un monastère récent dont la construction a été demandé par les gens de la région. Il y a simplement 7 enfants moines, dont les familles vivent dans la région et 3 moines adultes.
Nous rencontrons un lama voyageur qui visitent le pays de monastères en monastères.

monastère de Naar Phedi
Gumpa de Naar Phedi




6) 15  juin 2018.  Naar Phedi > Naar

Le lama est avec nous pour monter vers Naar. Ou plutôt il prend sont temps et nous attend... car s'il marche à son rythme, ce n'est pas de la marche mais de la lévitation qui me distance de 15 mètres en moins de temps qu'il ne faut pour le dire ! Comme nous, il profite du paysage. Et il récite ses prières. Il prie pour le bon déroulement de notre voyage et nous prodigue ses conseils : Boire beaucoup de thé noir et manger de la soupe d'orties (c'est le régime du sage Milarepa...). C'est vrai qu'à cette période, il y en a beaucoup et la soupe que les népalais cuisine est excellente ! On en aura mangé plusieurs fois durant le trek.
Il nous faut environ 2h30 pour monter à Naar. Le début est raide et faire ce trajet la veille n'aurait vraiment pas été une bonne option.
Le village de Naar est superbe. Également tout en pierres et en bois. Nous avons l'après midi de libre et nous prenons le temps : toilette, lessive,visite tranquille du village, discussion avec les locaux.

Porte d'entrée de Naar

Village de Naar
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Moulin à prière bouddhiste de Naar


7) 15  juin 2018.  Naar > Kang La > Ngawal

Aujourd'hui est la journée la plus difficile. Nous sommes avec une autre équipe composée d'un belge et d'un guide népalais. Nous partons à 4h30 du matin.  Il y a un petit crachin breton et le ciel est couvert. Nous n'aurons pas de pluies cependant et le crachin s'est vite arrêté. La première partie est une montée régulière et c'est beaucoup plus raide sur le dernier tiers avant de rejoindre le col du Kang La à 5300m. Il faut compter environ 5h30 de montée, de Naar, au sommet.
Malheureusement c'est bouché et on ne voit pas grand chose.

Passage du Kang La

Descente vers Ngawal après le Kang La


Puis nous entamons la descente qui est assez raide dès le début. Pour nous, pas de neige à cette période, mais sinon, des crampons ne doivent pas être inutiles... Nous mettrons environ 3h30 pour effectuer les 1700m de dénivelés négatifs vers Ngawal, village du classique tour des Annapurnas. L'arrivée au lodge est bienvenue, mais quel décalage entre Naar et Ngawal. Nous sommes passés d'un petit village traditionnel avec un confort basique à un lodge tout confort (restaurant, literie, wifi, douche chaude...).

8) 17  juin 2018.  Ngawal > Yak Kharka

Aujourd'hui, c'est ensoleillé. Les nuages bougent vite et il faut guetter pour voir les hauts sommets (Annapurna III, IV, Gangapurna, Pisang Peak, les Chulu)  se découvrir quelques instants. Nous avons donc rejoint l'itinéraire célèbre et classique du tour des Annapurnas. Il n'y a pas beaucoup de touristes et c'est vraiment agréable.
3 heures de montées et descentes successives sur une piste (peu de passage) pour atteindre le gros village de Manang. Puis 1h30 pour Gunsang où nous nous arrêtons déjeuner. Et enfin 1h30 de marche pour Yak Kharka. La montée est progressive et les efforts de la veille sont bien digérés... ce qui n'est pas le cas du Tibetan Bread du matin, trop gras, qui me pèse sur l'estomac. Sinon Tout va bien.
Soirée coupe du monde avec Mexique - Allemagne et les 2 malheureux touristes allemands du lodge ne sont pas chanceux : Tous les népalais supportent le Mexique et la défaite n'en est que plus pénible.

Annapurna III et Gangapurna

9) 18  juin 2018.  Yak Kharka > High Camp

3 heures de montées jusqu'à Thorong Phedi, puis 1heur pour High Camp. Météo superbe encore une fois. Comme il y a peu de touristes et que le propriétaire du lodge distribue un peu de sel, les bharals sont très peu craintifs et il y en a beaucoup au tour du lodge. Il y a simplement 5 touristes à y dormir.




Bharal ou Blue Sheep

10) 19  juin 2018.  High Camp > Thorong La > Muktinath > Pokhara

Nous partons à 5h00 du matin sous un ciel complètement dégagé, sans nuage. 3h d'ascension progressive sur un large sentier pour atteindre le col du Thorong La à 5400m d'altitude, puis 3 heures de descente avec 1700m de dénivelé négatif. Une portion au milieu de la descente est un peu plus délicate. Sans plus.
Au passage du col Thorong La




A Muktinath, nous ne nous attardons pas. J'y suis déjà venu plusieurs fois. Nous mangeons et nous renseignons sur les possibilités de bus ou jeep pour rejoindre Pokhara. Un bus part de Jomsom le gros village suivant, à 14h de l'après midi. Pour gagner du temps, nous réservons donc une jeep privée de Muktinath à Jomsom car la route principale est coupée et il faut faire un détour. Puis nous arrivons à temps pour attraper le bus qui part pour Pokhara.
Après 11 heures de trajet au total, sur une piste qui s'est nettement améliorée au niveau sécurité (mais qui reste une piste) nous arriverons à Pokhara à 00h30. La chaleur est étouffante et une bonne douche froide nous fait grand bien avant de tomber de fatigue. La journée a été bien rempli et nous sommes passés de 5400m à 800m d'altitude de façon assez intense !

https://www.terresdunepal.com/trekking/annapurnas-vallee-de-nar-phu/
https://www.terresdunepal.com/trekking/trek-nepal-grand-tour-des-annapurnas/