lundi 17 décembre 2018

Trek Tour du Manaslu

Trek Tour du Manaslu - Decembre 2018


Trek Tour du Manaslu - Decembre 2018


Avant que ce trek ne devienne très populaire et plus fréquenté que les grands classiques comme le tour des Annapurnas ou le camp de base de l'Everest et avant qu'il ne soit à son tour, mangé par l'apparition de route carossables, il est grand temps de s'y rendre. Et que de plaisir j'y ai pris après une saison bien remplie !
Avec Shyam, mon ami porteur, nous avons aussi eu beaucoup de chances avec la météo. En partant 2-3 jours plus tard, la neige nous aurait probalement empêcher de passer et certains villages aurait été déserts, sans possibilité de loger.
Le début du trek est agréable et assez facile mais est rongé par une route en construction. Puis via des forêts et en surplomb de la rivière nous approchons doucement du Tibet avec une atmosphère différente et une ambiance tibétaine, avant d'arriver au pied du géant Manaslu dans un univers minéral avec hauts sommets, glaciers, hauts plateaux, yaks, bahrals... Et toujours la culture tibétaine qui nous réservera une surprise innatendue et exceptionnelle !

Info pour les novices : Ce trek n'est accessible que via une agence de voyage officielle du Nepal car la région nécessite d'être en possession de permis spécial ''restricted area'' et l'accompagnement d'un guide est obligatoire.
Les temps de marche indiqué sont ceux que nous avons effectués. Prévoir un peu plus pour les marcheurs non expérimentés

1) 03 décembre 2018. Kathmandu > Soti Khola

Depuis la gare routière de Maccha Pokhari, en route pour 7 heures de bus jusqu'à Arughat. Puis nous changons de bus et ajoutons 2 heures de trajet pour arriver à Soti Khola.

2) 04 décembre 2018. Soti Khola > Khorlabesi




Début de ce trek du Tour du Manaslu sous le soleil. La piste monte et descend et nous marchons assez vite sur cette portion assez facile. Il n'y a pratiquement pas de véhicule qui nous dérange. Nous croisons les premières caravanes de mules qui alimentent toute la région, en nourriture et matériaux divers.
La piste en construction avance assez vite dans des conditions de travail super dangereuses pour les travailleurs, avec d'énormes risques d'éboulements et de chutes de pierres. Beaucoup connaissent le documentaire ''Les routes de l'impossible'' ... et bien l'envers du décor est encore plus extravagant !
Le soir la purée d'orties avec le dal bhat est excellente !
5 heures de marche










Construction de la piste vers Machhakhola




3) 05 décembre 2018. Khorlabesi > Philim

Aujourd'hui, nous changeons parfois de côté de la rivière via les ponts susepndus. Le chemin est identique à la journée précédente. Nous déjeunons à Yara après 3h30 de marche, avant d'emprunter la passerelle accrochée à la falaise.



Comme nous sommes en forme, nous continuons à marcher après le contrôle des permis du village de Jagat. Je préfère prendre un peu d'avance sur l'itinéraire pour davantage prendre le temps sur la partie ''haute'' du trek qui s'annonce.  Il faut parfois attendre son tour avant un pont suspendus... Il y a des embouteillages provoqués par les caravances de mules et des troupeaux de chèvres.
7h30 de marche

4) 06 décembre 2018. Philim > Bihi

Nous continuons à surplomber les gorges étroites de la rivière Buddhi Gandaki. Il n'y a pas beaucoup de soleil dans ces passages et il ne fait pas chaud à l'ombre des grands arbres. Nous faisons une bonne partie du chemin avec deux femmes qui vont à Namrung avec des gamelles et ustensiles neufs pour fabriquer de l'alcool local (à base de riz, millet ou maïs). Le chemin est rude pour elles, mais elles avancent à un rythme très régulier et avec le sourire. De cette petite production, elles gagnent environ 75 euros par mois.
Nous commençons à sentir une ambiance un peu plus tibéaine dans les villages traversés. Nous nous écartons un peu du chemin classique pour loger à Bihi, en prévision d'une escapade sur les hauteurs le lendemain... escapade que nous ne ferons pas car trop compliquée de se repérer et la réalité du terrain est tout autre que ce que ne laissait supposer la carte. Mais cela nous aura permis de passer par ce joli premier village traditionnel, avec des gens très sympas.
6h45 de marche






5) 07 décembre 2018. Bihi > Namrung

Journée plus courte. Mélange de sentier à flanc de collines et de forêts. Nous apercevons les premiers animaux sauvages : Faisans, singes Langurs, bharals (moutons bleus).
Un peu de lessive dans l'après midi à Namrung.
4h30 de marche
faisan leucomèle






6) 08 décembre 2018. Namrung > Syala



chorten Namrung



On monte progressivement et il fait un peu plus froid... Tout est gelé le matin et ce n'est pas anodin. Heureusement que la vallée s'élargit et que le chemin est ensoleillé. Depuis Lihi, nous commençons à apercevoir de haus sommets, avec l'Himchuli. A Lho et après une longue attente pour le déjeuner, nous montons au grand monastère où vit encore environ 80 moines. Il est vraiment idéalement positionné avec une vue impressionnante au pied du Manaslu.


A Syala la vue est superbe. Des montagnes à 360°
5h de marche







monastère Lho




A Syala, nous logerons dans un petit lodge avec un bel échange. La maman et sa petite fille ultra malicieuse et joueuse. Pour ce genre de rencontre, j'ai justement gardé quelques clémentines sucrées dans mon sac. Elle y aura droit et quand je lui ai montré, je n'ai jamais vu des yeux et une bouche s'ouvrir aussi grand ! Un vrai bonheur. Un échange, j'ai eu droit à un excellent dal bhat avec de la viande de yak (et que des bons morceaux, sans gras, ni os ! )


Fabrication alcool

Cuisine du lodge. Le yak sèche au dessus du poële




7) 09 décembre 2018. Syala > Samagaon ... Journée de rêve et exceptionnelle à tout niveau !

Que de belles surprises à venir et quelle chance pour cette belle journée sous un gros soleil et sans nuages. Nous mettons 2h30 pour montée progressivement à Pungen, en longeant le glacier du même nom. Le plateau herbeux est assez large et le monastère (vide à cette époque) se situe en fin de vallée au pied de l'imposant Manaslu. Quelques empreintes de léopards dans la neige  nous indiquent cependant que nous ne sommes pas totalement seuls dans les parages. Nous prenons beaucoup de temps ici avec Shyam, simplement à contempler les environs, à profiter du soleil et à prendre des photos. Nous apprécions un vrai moment de calme et de beauté.

Pungen Gompa Tour Manaslu


Pungen Gompa


Puis nous redescendons vers Samagaon où la deuxième cerise du gâteau nous attend avec le début d'un festival bouddhiste qui dure 1 petite semaine. Tout le village est rassemblé à l'ancien monastère pour le début des festivités et les danses (cham) des moines. C'est un grand spectacle pour mes yeux : Autant la danse des moines que tous ces gens rassemblés et aux visages tellements marqués. ''Marqués'' par leur origine tibétaine bien sûr, mais surtout marqués par la dureté de la vie dans ce village de haute montagne, avec des traits profonds et des pommettes rougies par le froid de l'hiver (et le feu du soir). Tout le monde est heureux et ça déborde de sourire et de rire, autant chez les enfants que chez les personnes âgées. Ce sont vraiment de belles émotions que de se retrouver au milieu de cette ambiance. Quel trekking !
4h30 de marche.
Chorten de Samagaon




Festival et danse - cham - monastère Samagaun











8) 10 décembre 2018. Samagaon > Camp de base du Manaslu > Samdo.  Longue journée

Aujourd'hui, nous avons décidé de monter au camp de base du Manaslu (à 4800m, c'est le premier camp de base des expéditions d'alpinisime). Je ne suis pas fan de ce genre d'endroit, mais c'est toujours impréssionnant de voir les énormes glaciers de près et cela permet de bien s'acclimater à l'altitude pour les journées à venir.
Lac Birendra vers camp de base du Manaslu
Bharal ou mouton bleu (blue sheep)


Au bout de 4 h de montée assez raide au dessus du lac Birendra et en compagnie des bharals, je décide de m'arrêter car je pense au temps de redescente et au temps pour aller au prochain village. Il reste au moins 30 mn jusqu'au camp de base. Je ne veux pas m'épuiser d'autant que les nuages sont vites apparus et que les vues sur les sommets sont désormais bouchés. Je vois bien que Shyam a des fourmis dans les jambes et lui dis que s'il veut monter, il peut et on se rejoindra en bas. Il ne se fait pas prier. Il a vraiment des capacités physiques assez impressionnantes étant donné ses 45 Kg !
Je redescends à Samagaon en 2h30 et je dois aller chercher la didi qui participe à la fête en bas du village pour qu'elle nous prépare un truc à manger avant de repartir. Le temps de traverser le village, de regarder la fête 15mn et de revenir et Shyam m'attendait au lodge ! ! Et pourtant vu les photos qu'il a prise, il ne s'est pas contenté du camp de base, mais il a été encore un peu plus haut !

Glacier du Manaslu
Après le déjeuner, nous montons doucement à Samdo. C'est assez plat, sauf la dernière 1/2 heure qui est raide. Nous sommes fatigués dans la dernière montée (même Shyam éh éh), mais quand je croise 2 hommes, également fatigués, qui portent 70 Kg de bois sur le dos, je me dis que ma fatigue, je l'ai voulu et bien cherché, tandis que ces 2 hommes, s'il pouvait l'éviter, ils ne se feraient certainement pas prier. Du coup la fin me paraît moins pénible !
9h30 de marche


9) 11 décembre 2018. Samdo > Dharamsala 

Samdo

La marche est courte. Cela permet de récupérer de la veille et de se reposer pour le lendemain. Le temps commence à changer. Il fait beau le matin, mais les nuages couvrent le ciel à partir de midi. Le temps est à la neige. Nous montons donc très doucement et la pente est progressive, profitant encore du soleil. Les arbres et la végétation disparaissent peu à peu. Nous nous amusons à essayer d'approcher au plus près des bharals qui sont assez nombreux dans ce coin.


A l'arrivée à Dharamsala, nous sommes soulagés de voir qu'il y a un lodge d'ouvert... Nous n'en étions pas sûr et perso, c'était une grosse inquiétude. Ouf, le cuistôt est resté. Il y a un nouveau lodge en préfabriqué qui est pas trop mal isolé, en tout cas, mieux que les lodges en pierre. Tant mieux, car la neige commence à tomber vers 15h00. Je reste à bouquiner dans mon sac de couchage et avec ma doudoune tout l'après midi.
Par contre le cuistôt n'a pas du recevoir de consigne pour les WC... c'est assez inommable !
Jusqu'à présent je n'ai croisé que très peu de touristes (7 depuis le départ), mais en fin d'après midi 3 australiens arrivent. Dans des conditions neigeuse, ce n'est pas plus mal si on passe le col à plusieurs. Cela rassure tout le monde.



10) 12 décembre 2018. Dharamsala > Larkya La (5160m) > Yak Kharka  ou le jour le plus long (version trekking) 

Départ à 06h00. La neige s'est arrêtée de tomber la veille dans la soirée et le temps est clair. Il y a 15-20 cm. Cela rend la montée un peu plus difficile pour les appuis, mais cela facilitera et permettra d'amortir la longue descente. La montée est progressive et longue. J'ai du mal a trouver mon souffle. Je réalise que l'expérience des treks ne permet pas de compenser le cap passé des 40 ans et les quelques footings réalisés avant le départ. Pour les prochains treks au dessus de 4500m, il faudra désormais soit s'entrainer davantage, soit accepter de souffrir un peu plus et de prendre son temps.
Il nous faut donc 5 heures avant d'atteindre le col Larkye qui est un peu bouché à notre arrivée.

Passage du col Larkya La. Trek tour du Manaslu


Passage du col Larkya La. Trek tour du Manaslu


"
Puis longue descente. La neige recouvre la glace et c'est tant mieux. Il nous faut 3h30 jusqu'à Bhimtang, le premier village.... où tout est fermé. La neige a fait peur à tout le monde et il n'y a personne dans le village. Nous n'avons donc pas le choix de continuer pour 2h30 supplémentaire jusqu'au prochain village en espérant qu'il y ait quelqu'un. Et oui ! Merci Yak Kharka. La dernière heure aura été longue dans la forêt. La fatigue commençait à gagner ma cheville gauche qui se dérobait parfois, me faisant craindre une énième entorse. Pour l'éviter, je n'ai regardé que mes pieds et le chemin durant cette dernière heure. Nous avons donc retrouvé nos 3 amis australiens qui étaient bien heureux de nous voir aussi puisqu'en chemin, nous avions récupéré un Iphone qui appartenait à l'un d'eux et qu'il pensait définitivement perdu !
La neige se remettait à tomber, laissant penser que le col aurait été très difficilement franchissable le lendemain ou les jours suivants. Bref, nous avons eu vraiment énormément de chance sur toute la durée de ce trek.
11h30 de marche

11) 13 décembre 2018. Yak Kharka > Besi Sahar 

Le matin nous sommes en forme et pas trop usé. Tant mieux. Nous partons donc de bonne heure pour récupérer la partie du Tour des Annapurnas à Dharapani que nous rejoignons en 3h. Nous avons croisé un superbe couple de martre à gorge jaune que nous avons pu observer de près, mais pas le temps de sortir l'appareil.
Mon intention était de trouver une jeep pour redescendre sur Dharapani, mais la piste est en travaux et il n'y a pas de circulation. Nous descendons donc jusqu'à Chamje en 3 heures. Cela fait pas mal de Km, mais ce qui est embêtant est la dureté de la piste qui est désormais cimenté sur de longues parties. Avec la journée d'hier, l'accumulation est difficile et j'ai la plante des pieds qui chauffe. Shyam aussi. Par bonheur on trouve une jeep là avec d'autres népalais. Et après un changement de véhicule à Jagat nous rejoingons Besi Sahar en début de soirée, après environ 3h30 de trajet.
Ensuite c'est retour à la réalité : Poulet, bière, shampoing, wifi  !  !

12) 14 décembre 2018.  Besi Sahar > Kathmandu

Et le lendemain, retour à Kathmandu en bus. 6 heures de trajet.
En chemin, même si j'étais pressé de rentrer à Kathmandu désormais, cela m'a beaucoup fait réfléchir : En 24 heures, il est possible de passer d'un univers de haute montagne sauvage et assez rude à un autre univers très moderne (route, confort, wifi...). C'est à la fois fascinant, mais aussi assez choquant d'un autre point de vue... C'est un vaste sujet qui donne beaucoup à réfléchir et dont les avis sont très divergents ! Fin du (très) beau voyage et de ce trek du tour du Manaslu

https://www.terresdunepal.com/trekking/trek-du-tour-du-manaslu-chez-lhabitant/



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